L'Antiquité égyptienne couvre une période de plus de trois millénaires. Une telle longévité culturelle et politique constitue une rareté dans l'histoire de l'humanité. Bien entendu, sur une telle durée, de nombreuses discontinuités apparaissent, mais le mode de vie, la religion, le type de gouvernance et la culture ont perduré. L'Egypte antique comporte ainsi des caractéristiques culturelles homogènes: l'écriture hiéroglyphique, l'architecture (pyramides, temples), les sculptures de pierre et les bas-reliefs, la peinture aux lignes simples sans aucun souci de perspective. Les Egyptiens aiment la couleur et recouvrent murs et statues de décors polychromes. Les couleurs ont une signification de l'ordre du symbolique chez les Egyptiens de l'antiquité. Les couleurs étaient associées à leur environnement naturel: le jaune du soleil, le noir des terres fertiles. Reportage…
Les monuments de l'Egypte antique étaient couverts de couleurs : murs, sols, plafonds, colonnes. Des statues colossales, des obélisques, des bas-reliefs, des fresques ornaient chaque édifice.
Pourquoi ne fallait-il pas avoir peur du noir ?
Les artistes travaillaient souvent au fond des tombes, tassés à plusieurs dans des caveaux étroits et obscurs, éclairés à la torche ou par une lampe à huile qui dégageait de la fumée.
Comment les artistes peignaient-ils les fresques ?
Ils commençaient d'abord par lisser le mur, puis ils le recouvraient d'un grand quadrillage à l'aide d'une cordelette trempée de peinture rouge, à l'image de nos cahiers d'école! Cela les aidait à bien placer les personnages.
Pour dessiner les personnages, les peintres suivaient la règle de la « mise au carreau ». Le personnage principal de la fresque devait mesurer 19 carrés de haut. Dont 1 carré pour sa coiffure, 2 carrés pour son visage, 10 carrés consacrés au torse et aux cuisses, et enfin 6 carrés pour ses jambes. En largeur, les bras occupaient 1 carré et les yeux 3/4 de carré. Autant vous dire qu'il n'y avait pas de place pour l'improvisation ! Dali n'y aurait pas trouvé sa place !
Comment les artistes faisaient-ils pour décorer le plafond des temples ?
Lors de la construction du temple, on élevait contre les murs des remblais de terre qui permettaient de hisser les pierres. Les peintres se servaient de ces tas de terre en montant dessus et décoraient le plafond et le haut des colonnes. La terre était ensuite enlevée progressivement.
Tout ce travail était réparti, le « scribe des contours » s'occupait de tracer les dessins sur le mur quadrillé. Viens ensuite, le tailleur de pierre qui creusait les formes pour faire ressortir les contours. Pour finir les peintres coloraient les personnages et ajoutaient des détails.
C'est pourquoi il n'y a pas un artiste de l'Egypte antique qui est resté connu. De plus, leurs oeuves n'étaient jamais signées, elles restaient anonymes.
La symbolique des couleurs chez les Pharaons
Le Blanc
La couleur blanche, rappelle la couleur de l'aurore, de la lumière, mais encore la couleur de la couronne de Haute-Egypte, le hedjet. Elle est donc le symbole de la joie et du faste. Mais le blanc est aussi la couleur des bandelettes des momies, et a donc une valeur rituelle, religieuse, dans le culte. Le blanc, s’il est la couleur de la joie, est également – cela peut sembler paradoxal – la couleur du deuil.
Le Bleu
Le bleu évoque immédiatement le beau temps, la couleur du ciel. Le bleu-clair est donc en toute logique le symbole de l'air et du ciel. C'est également la couleur du dieu Amon, le Roi des Dieux, qui était, entre autres, un dieu de l'atmosphère. Le dieu Min peut également être représenté en bleu dans son aspect de Min-Amon. Le bleu sombre du lapis-lazuli est le symbole de la voûte céleste la nuit, et des abysses. Enfin, le bleu turquoise est le symbole de l'univers aquatique du Nil.
Le Brun
Le brun est la couleur de la peau des humains, et ce d'autant plus qu'avec le climat d'Egypte, la peau des Egyptiens était foncée.
Le Jaune
La couleur jaune est le symbole de l'or, du soleil à son zénith et de l'immortalité. C'est la couleur des dieux, dont le corps est en or jaune, ou en or blanc.
Le Noir
Le Noir, pour les Egyptiens de l'antiquité, n'avait aucune connotation de deuil, et évoquait plutôt le sentiment inverse, celui de la vie. En effet, si le noir est bien la couleur de la nuit et du royaume des morts, le noir est avant tout la couleur des limons assurant la fertilité de la vallée du Nil et la survie des Egyptiens, évoquant donc la vie, la fertilité. En effet, le Nil, lors des crues, jusqu’à la construction du Barrage d’Assouan, inauguré en 1971, apportait des limons noirs sur ses rives, des limons qui fertilisaient selon un rythme annuel le sol et permettaient une agriculture, et donc la vie.
Le Vert
Enfin, la couleur verte symbolise la végétation, mais également la jeunesse, la bonne santé et la régénération. Elle partage ainsi une partie de la symbolique de la couleur noire, et explique pourquoi certains dieux ou déesse, comme Osiris, Ptahou Maât, sont couramment représentés en vert.
Le Rouge
La couleur rouge est le symbole de la violence, du désert, du sang et de la mort, mais aussi de la victoire. C'est notamment la couleur du dieu Seth, le destructeur, dont on disait qu'il avait les cheveux roux.